Dimanche en famille sur la pelouse du RSI
Déjà six jours d’occupation de la caisse de Niort par des artisans et commerçants. L’association a fixé un ultimatum et menace d’autres actions.
Et une brassée de baguettes livrées par le boulanger lui-même. La solidarité ne mollit pas autour des petits patrons qui assiègent depuis mardi dernier le siège régional du RSI, à Niort. Une yourte collective, une tente aménagée – avec frigo – pour la cantine, des toilettes sèches. Hier, des familles ont rendu visite à la petite troupe d'artisans et commerçants qui se relaient jour et nuit au pied de l'immeuble de la caisse. « C'est clair que, depuis que l'on est ici, nous n'avons rien acheté. On nous a apporté de la choucroute de Châtelaillon, du sanglier de Surgères… Tous ceux qui viennent nous soutenir remplissent notre cagnotte. »
" Les cartes dans les mains "
Les traits tirés par six jours de campement sauvage, Patrick Geay est remonté comme à la première heure. Le président de l'association « Sauvons nos entreprises » n'entend pas fléchir dans le bras de fer qu'il a engagé avec la direction du Régime social des indépendants. Ce début de semaine, il attend fermement une réponse à la lettre que le responsable de la caisse régionale a été chargé de remettre à ses instances nationales, cette fin de semaine à Paris. L'association réclame la tenue d'une table ronde avec les ministres concernés, Marisol Touraine (Affaires sociales et Santé) et Sylvia Pinel (Artisanat et commerce), afin de débattre de leur principale revendication : « Revoir le monde de calcul des cotisations actuel pour le remplacer un mode de calcul trimestriel afin de faciliter le règlement. Ce qui représente aujourd'hui 80 % de la colère des indépendants. Ces propositions, martèle Patrick Geay, vont aussi dans l'intérêt du RSI. D'ailleurs, tout le monde est d'accord, y compris les syndicats qui tiennent les caisses. » Pas question de jouer la montre a prévenu l'association qui a fixé un ultimatum : « Toutes les cartes sont dans leurs mains. Si jeudi soir nous n'avons pas de nouvelles, vendredi c'est feu ! »




